Propos recueillis par Violette Gauthier
Photos : Valérie Mathilde – Assistant photo : Mika Benard – Stylisme : Marion Chambrette – Hair Stylist : Leslie Thibaud – MUA : Maryse Kanarellis – Talent management Isaak: Shanice Coillard chez Oba Oba Productions – RP Celebrities & VIP l’Impertinent : Céline Duval – Studio : Pop Up Bastille
Isaak Dessaux - une douce folie contemporaine
Isaak pourrait bien être “l’Ange plein de bonheur, de joie et de lumières” que décrivait Baudelaire. Armé de son fidèle sourire, Isaak embrasse le chic des années 80 et le modernisme des réels Instagram, les expérimentations joyeuses de l'adolescence et l'ambition profonde d’écrire. Il est comédien, humoriste, mannequin et influenceur.À 24 ans, il suit son instinct, animé par sa douce folie libre et singulière. Plus que jamais, rencontrons-le !
Comment Isaak est devenu aussi libre, créatif et inspirant ? L’Impertinent voudrait revenir avec toi sur le mystère de ton adolescence, la période qui a forgé le jeune adulte magnifique que tu es !
Isaak : C’est vrai que je suis un jeune adulte moi !? (sourire)
D’où viens-tu ?
I : j’ai deux petits frères et deux grandes sœurs, on a grandi dans une portée très fournie, plus que jamais, où il n’y a jamais eu de différence entre tout un chacun. On a tous été élevés pareil, avec les mêmes valeurs quand bien même on est tous différents. Ça a été génial de grandir dans un microcosme bienveillant et à l’écoute, dans le partage.
Avec tes parents et tes frères et sœurs ?
I : oui, on mangeait constamment ensemble. Mon père travaillait de nuit en tant qu’aide-soignant à l’hôpital de Rambouillet. Quand il ne travaillait pas, on faisait un banquet pour profiter des instants qu’on a tous ensemble. On forme une famille hyper soudée.
Avec ta maman aussi ?
I : Ma maman, j’ai l’impression qu’elle avait compris des choses sur moi que je ne pouvais pas comprendre car je grandissais. J’ai toujours eu l’espace pour m’exprimer. À un moment, j’ai un peu tiré la couverture pour exprimer mes besoins, il m’en fallait encore plus et ils ont été là pour me le donner. Ma mère venait me chercher chez des amis, j’étais en robe de princesse, on rigolait, on regardait les rediff de comédies musicales, mes envies n’ont jamais été un sujet. Je remettais mon pantalon et mon col roulé puis on montait dans la voiture. Ça a pris une autre forme quand j’ai grandi. Au collège, je commençais à attirer mes parents dans des boutiques où il y avait des fringues que je trouvais cools. Au lycée, je commençais à mettre du vernis – carrément sur mon visage – et à découper mes tee-shirts, et à m’entourer le cou de tas de breloques, dont déjà des perles. Le vendredi, je quittais les cours à 15h, à 16h j’étais dans le train pour Montparnasse, j’y passais le week-end pour rentrer le lundi matin à 7h, boire un café jusqu’à 8h au café de l’époque à Montparnasse pour retourner en cours à 9h30. Je ne voyais pas mes parents du weekend. J’étais en première. J’avais besoin d’indépendance, pas de m’émanciper, mais de courir vers mes envies, vers une liberté. Je m’arrangeais j’avais des petits rendez-vous, car je faisais un peu de mannequinat. J’avais des copines qui habitaient déjà à Paris, je les appelais « je peux dormir chez toi ce weekend ? ». C’est là que j’ai commencé à sortir en boîte. Mes parents avaient un peu peur car j’étais encore un peu jeune.
C’est à ce moment-là que tu as commencé le mannequinat ?
I : J’ai le souvenir de mon tout premier shooting, c’est ma sœur qui me l’a offert pour mon anniversaire, avec une amie à elle photographe qui s’appelait Stéphanie Lochin. Je m’en souviens car elle est encore créditée sur les photos (rires). Fin collège, j’ai signé chez Frimousse. Il y avait de temps en temps des annonces de casting, donc le mercredi après-midi, mes parents m’emmenaient faire des aller-retours à Paris. J’étais tout content. J’ai toujours fait quand ça vient, et attendu quand ça part.
Tu avais envie de faire ça car des gens que tu admirais le faisaient ?
I : j’ai eu envie dans le rapport à la mise en scène. J’ai toujours voulu être acteur. Ce que j’aime dans le mannequinat quand ça se présente, c’est de pouvoir répondre à la vision d’un créateur ou d’un styliste. Tout ce que j’aime faire aujourd’hui, c’est être au service d’une équipe édito, là où dans le jeu au cinéma ou au théâtre, ça pourrait être une composition de personnages, dans un truc hyper interne. Dans le mannequinat, c’est rigolo de jouer avec soi, parce que c’est simplement visuel. Les deux me parlent. Aujourd’hui, j’aime bien créer des petites équipes avec des copines maquilleuses et stylistes pour créer une sorte d’idée de temps en temps pour s’amuser avec les fringues et tout ce qu’offrent les paramètres qui vont avec , de l’image, de la lumière, du maquillage, des cheveux, comme je le fais là (rires).

Ça te permettait de gagner de l’argent ado ?
I : par la bonne idée de ma mère, j’étais envoyé en maison de retraite l’été pour faire de l’animation et de l’hôtellerie parce qu’elle avait trouvé un plan pour que je fasse quelques heures. J’étais content car ça me faisait gagner 500€ que je dépensais à ce moment-là, à coup de 2,50€ de café allongé au café de l’époque. Donc 500€, c’était pour moi un boulevard. J’étais en première, j’avais 16 ans. Quand j’arrive à paris, j’avais quelques jobs de mannequinat pour gagner de l’argent. Aussi, je voulais faire les cours florent, ou Simon… n’importe qui voulant bien de moi! Mais c’était un peu cher et mes parents m’aidaient déjà avec l’appartement qui coûtait 370€ dans le 9e avec toilettes sur le palier, 6e étage sans ascenseur et pics à pigeons à la fenêtre, tu vois. J’avais droit à 50€ tous les lundis, j’étais content car j’avais passé le périph ! . Je commence la licence de cinéma à l’université Sorbonne Nouvelle. Sauf que si tu me donnes un peu de liberté, moi je les prends toutes, donc je n’y allais jamais vraiment. A l’arrivée des premiers partiels, j’en passe un. Au deuxième, on me demande si je suis vraiment dans la classe (sourire), donc je décide d’arrêter. Je mens un peu, et puis je dis à mes parents qui me disent « écoute Isaak démerde-toi ». donc je trouve des jobs par ci par là.

Tu t’imaginais à 15 ans être le Isaak aux multiples métiers d’aujourd’hui ?
I : j’ai toujours eu envie de faire plein de trucs, je l’espérais fort. Il y a eu une grande intention de ma part car c’est quelque chose que je voulais viscéralement. J’en veux encore plus. toujours plus, je vous en conjure.
Tu te fringuais comment à 15 ans ? tu disais que tu mettais du vernis partout, même sur tes dents (rires) ?
I : Sur mes dents ?! (rires) Je faisais des petits traits sous les yeux. J’avais chopé à l’option cinéma un scotch noir qu’on utilise pour faire les placements et les marquages d’acteur. Je m’en mettais sur le cou, je faisais des petites croix. J’achetais plein de chemises que je découpais. Je les superposais pour que les cols se chevauchent pour n’en former qu’un grand. j’adorais me serrer la taille à gogo pour avoir l’air d’un sablier. Ou bien les grandes vestes de costumes pour avoir de grosses épaules. Bref, complètement taré. Je découvrais le bonheur de suivre ses idées vestimentaire set de les porter.
Et tes potes, ils s’habillaient comme toi ?
I : Pas tellement. J’ai jamais eu l’impression d’être différent, sauf quand on me l’a fait remarquer. Avec mes copains, on ne se ressemblait pas franchement, mais ils ne me le disaient pas forcément. Je crois beaucoup à ça, on n’a pas besoin de se ressembler pour s’entendre et c’est en s’entendant qu’on se rend compte qu’on se ressemble plus que l’on ne le pensait.
Acceptes-tu que l’on parle d’amour ?
I : Oui, carrément.
Te souviens-tu de tes premiers émois ? Est-ce que tu as découvert la séduction par tes vêtements, ton apparence ?
I : Je n’ai jamais eu réellement, et même encore aujourd’hui – hmm le mec hyper à fleur de peau (rires) – l’impression d’avoir un sex appeal, ni de me présenter de cette manière-là à moi et aux autres, comme si je ne m’érotisais pas. Je cherche surtout à me plaire à moi-même. Je ne dirai pas qu’il y a un rapport entre comment je m’habille ou comment je transpire qui je suis dans le vêtement, et l’envie de séduire l’autre. Même par rapport aux copains, j’aimais bien l’idée d’être un petit extraterrestre, qui n’est pas amoureux, qui lit pas trop de romance, jusqu’au jour où waw on s’est embrassé! Patatra plus que jamais. Il y avait un copain au lycée avec lequel j’étais hyper pote, et le jour où on s’est embrassé, on a commencé à vivre ce truc un peu secret, tapis dans l’ombre… ça a duré quelques mois, et je découvrais mes premiers émois pour un garçon. j’ai eu des tas de petites copines qui étaient mes meilleures amies et à qui je faisais des bisous sur la bouche. J’ai découvert l’amour de façon naïve. Puis, je suis arrivée à Paris et cette première relation m’a donné l’idée que les garçons, c’est quand même pas mal, et que je les aime. On a envie de trouver le bouton pour activer cette sensation si agréable. Je me suis libéré, j’ai rencontré d’autres garçons. Je suis retombé amoureux une autre fois, on est resté ensemble 9 mois après s’être rencontré dans la rue, c’était drôle. Aujourd’hui, j’ai pas du tout l’impression d’avoir un sexappeal, je ne vais pas au front. Ce n’est pas un terrain sur lequel je suis très confiant.
Le monde de la nuit est arrivé dans ta vie assez tôt, as-tu eu peur de faire de mauvaises rencontres? Est-ce que tu as été prévenu et protégé de certains comportements dangereux?
I : Je touche du bois. J’ai le souvenir d’un copain que je connaissais avant de venir à Paris, et qui les premières semaines où j’avais enfin mon appart et où je découvrais cette liberté immense à laquelle j’avais tant rêvé, me disait toujours “fais gaffe à la drogue”. Je ne me suis jamais drogué, j’ai fumé quelques pétards avec un copain pendant qu’il était au chômage, et jamais bien l’idée que ça me donne faim, mais je n’ai jamais eu cette appétence-là. Je me préserve de tout un tas de dérives, et ma motivation à faire la fête est motivée par l’idée de me mélanger à des gens, de me noyer dans la musique et dans la danse, et de m’épuiser parce que j’en ai envie, pas parce que je suis défoncé… C’est aussi pour ça qu’aujourd’hui à la Fête, j’ai l’impression de croquer un peu de ce fantasme que j’ai de la nuit chez Régine, au Palace, au Studio 54, dans “Lunettes noires pour nuit blanche”… Je me biberonne à ça.
Te souviens-tu de ta découverte des réseaux sociaux ?
I : J’ai un souvenir de moi au lycée, on prenait des photos avec des copains dans la rue de mon look du jour et d’avoir hâte d’être dans le bus pour le poster sur instagram. Pendant un moment, au collège je faisais la story Isaak sur snapchat, tous les jours je filmais ma vie avec les copains, je faisais des téléportations, c’était hilarant! Puis Instagram et Tiktok plus tard.
C’est de là que vient ton envie de faire des sketchs ?
I : Avec ou sans téléphone dans la main, j’adore raconter des conneries. Je voulais faire des cours de cinéma, donc c’était pour moi le moyen de me présenter en tant qu’acteur et de faire des blagues.
Tu as toujours la même énergie, même dans le privé ?
I : Oh! C’est à eux qu’il faudrait demander, mais j’ai l’impression que oui (rires).

Comment cultives-tu cette joie ?
I : Je crois que je comprends petit à petit que là où j’avais peur de donner trop d’énergie et de ne plus en avoir dans ce petit bol qu’est mon corps, je comprends que pour pouvoir constamment donner, moi qui ai peur de me fatiguer, il faut pouvoir le remplir, et donc se reposer à bon escient. ça peut vouloir dire dormir mais aussi être entouré des siens, ou de faire du piano. Je crois que grandir c’est apprendre dans un sens à savoir comment se faire du bien, et de prendre les commandes de ce petit monstre qu’est mon corps.
As-tu conscience de pouvoir être un modèle, un guide pour les ados dans la liberté que tu exprimes ?
I : Moins j’en sais, mieux je me porte, pour rester libre. Je ne voudrais pas être un étendard, mais si toutefois, en me voyant, on pouvait avoir l’idée d’être un peu plus libre, ça me va ! Je ne me verrai pas donner de leçons.
Ton meilleur conseil, ta devise ?
I : Hmmm… il ne faut pas avoir peur du bonheur! Plus que jamais!
Et la musique à 15 ans ?
I : Amy Winehouse ! Plus que jamais. Mon rêve absolu. J’écoutais Parcels, Feng Suave, les BB Brunes…
Et tu en as rencontré certains ?
I : Amy Winehouse en club la semaine dernière (rires). Non, je rigole. J’ai rencontré Parcels il y a quelques temps car je faisais un partenariat avec l’Accor Hotel Arena où ils faisaient un concert.
Ado, tu avais des angoisses ?
I : oui, j’ai toujours voulu être acteur. J’avais peur que ça soit pas possible et qu’on m’ait déjà rangé dans une case, avant même de passer des castings. J’avais déjà peur avant même de m’y frotter parce que je serais moi-même en tant que personne trop marquée dans un style, et donc que ce serait moins évident d’écrire sur moi un personnage. J’avais peur aussi tellement l’envie était forte. En arrivant à Paris, j’avais rencontré quelques agents à qui je n’ai jamais donné suite comme si je craignais de faire trop vite ou pas assez bien. Je crois que je suis plus ou moins rassuré aujourd’hui, parce qu’on vit à une époque où quand bien même on aurait envie de me ranger dans une case, celle d’un personnage uniquement homosexuel, il y a des tas de beaux personnages queers écrits. Si je veux être acteur, c’est pour jouer aussi bien un flic qu’un taulard, c’est pour jouer tous et surtout pas moi.
Quand on est acteur, on dépend beaucoup du regard des autres, finalement n’as-tu pas chercher à en prendre le contrepied pour créer toi-même des personnages à travers des sketchs pour pallier cette angoisse ?
I : j’ai commencé à poster des vidéos sur le net pour me donner la réplique, laisser une trace et avoir une sorte de bande démo de personnages qui me font rire et les proposer. Je voulais montrer que je peux aussi bien interpréter le petit mec qui fait du rap et qui vit encore chez maman, jusqu’à Annick qui est mariée à Jérôme et qui tient la boucherie à Monchant-Sulecul.
C’est le propre des réseaux sociaux d’offrir la possibilité d’émerger hors des circuits traditionnels…et en même temps, tu as un côté ventriloque des années 20…
I : Oh ça me touche ce que tu dis. Un amie me parlait des gens qui avaient une sorte de boîte à musique où tu tapes du pied ça fait une cymbale, avec plein de gadgets…

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