Récemment le rappeur Lomepal a de nouveau été accusé de viol par plusieurs femmes. Il est indéniable que les accusations – avérées ou non – sont d’une gravité extrême, mais que penser de l'écoute de sa musique ? L’Impertinent tente de t’aider à y voir clair !
Ces dernières années, les accusations d’agressions sexuelles ou de viol visant des figures célèbres de la scène musicale actuelle se sont multipliées. Elles permettent, au-delà du cadre judiciaire qui s’en empare, d’enclencher de véritables réflexions de société : ce qu’on accepte et ce que l’on n’accepte pas ?En tant que fan, c’est parfois compliqué de se positionner.
Parler d’errances sexuelles, et être un potentiel agresseur, quelles différences ?
Outre ses accusations, Lomepal véhicule dans ses textes depuis le début de sa carrière une image d’un jeune homme-ado perdu qui croit trouver dans les dragues d’un soir de quoi consoler sa solitude. Il est important de ne pas confondre ses actes présumés et ce qu’il raconte dans ses textes. Ce n’est pas parce qu’il explore dans sa pratique artistique les errances d’un jeune homme considérant les femmes comme des objets sexuels, qu’il agit de même dans sa vie personnelle. Mais en tant qu’auditeur, tu as le droit de considérer que ce sujet déjà montre une image des filles à laquelle tu n’adhères pas, et décider de ne pas l’écouter.
Le débat change de ton lorsque des accusations sont annoncées publiquement.
Personne ne peut ignorer aujourd’hui que Lomepal est accusé de viol. Autrement dit, lorsque l’on entend un de ses sons, il est difficile de ne pas penser aux récits des femmes l’accusant. Les récits de viol viennent perturber l’image intouchable et sacrée que l’on peut avoir de nos artistes préférés. Ton chanteur préféré est peut-être talentueux, créatif ET agresseur. Les trois à la fois. Les figures de l’homme et de l’artiste sont sans cesse mêlées, et cela est complexe. D’autant plus qu’en France, les artistes ont accès à une place privilégiée qui implique un regard particulier de la société : ils sont sacralisés. Cette vision est aujourd’hui à remettre en question.
Arrêter d’écouter ses chansons est-il une manière de montrer son soutien aux victimes de violences sexistes et sexuelles ?
Oui et non.
Oui, dans la mesure où si le public décide de ne plus écouter un artiste accusé ou qui véhicule une image dégradée de la femme, peut-être que l’industrie musicale mettra en avant des artistes qui racontent des histoires différentes. Peut-être qu’en 2025, on n’a plus envie d’entendre les mots d’un mec qui veut collectionner les conquêtes d’un soir. Tu as le droit de ressentir – ou non – un dégoût à l’écoute de ses chansons.
Non, dans la mesure où en tant qu’auditeur ou fan, tu n’as pas à culpabiliser d’avoir envie d’écouter un son que tu aimes, et cela ne veut pas dire que dans ta vie personnelle tu ne considères pas les victimes de violences sexistes et sexuelles. De plus, tu peux écouter sa musique et décider de ne pas aller l’applaudir en concert. Ou bien, si tu décides d’arrêter de l’écouter, tu peux te souvenir avec plaisir des moments où tu as apprécié sa musique sans t’en vouloir.
Quel que soit ton choix, cela ne marque pas définitivement ta position par rapport aux violences sexistes et sexuelles. Les cas d’accusation publiques sont complexes et tu as le droit d’avoir besoin de temps pour y voir clair, et ne pas exposer ton opinion immédiatement.
Rappelons que les femmes qui accusent n’ont rien à gagner à porter plainte, mais au contraire, dans la plupart des cas, elles perdent amis, argent, famille, mais continuent à se battre pour que la justice soit rendue.
Ce débat qui est loin d’être évident nous permet en tout cas de poursuivre des réflexions tous ensemble pour parvenir à repenser une société guidée par des valeurs choisies et pensées.
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